Entretien pédagogique : Madame Virginie Meermans


1) Est-ce que la majorité des élèves sont motivés à apprendre/ écouter ? Comment fais-tu pour les motiver ?

Non, malheureusement. Ils ont parfois du mal à leurs âges d’être motivé pour leur vie d’adulte. Pourtant, c’est maintenant que cela se construit. Pour cela, je les ramène tout le temps à la réalité. J’essaie de leur donner l’intérêt de l’école, le sens de venir apprendre. « Voici votre objectif ». Je travaille le français pour qu’ils avancent dans la vie, pour qu’ils décrochent un futur poste.


2) Comment parviens-tu à développer des relations positives avec tes élèves et à induire le respect ?

Tout vient de l’énergie quotidienne que je donne en classe. Je suis motivé tous les jours, énergique et dynamique. Le secret, c’est de rester soit même, être souriant, laisser ses ennuis de côté et avoir envie de donner l’envie. Il ne faut pas avoir peur d’eux, il faut les regarder dans les yeux, s’adresser à eux directement et ne pas les sanctionner sans cesse pour un rien car cela ne les motive pas. Il faut avoir un regard bienveillant, les considérer, leur donner de l’importance malgré le fait qu’ils ont beaucoup de difficultés.

3) Comment peut-on créer un apprentissage collaboratif efficace et de quelle manière cultives-tu un sentiment de communauté en classe ?

Je les rends tous responsable de la réussite des uns et des autres. Le climat doit être positif, serein, et les élèves doivent écouter les autres. J’essaie de mettre une bonne ambiance. Pendant mon cours, ils jouent à des jeux de corrections et sont acteurs eux-mêmes de leurs apprentissages. J’amène mon dynamisme, alors ils doivent bouger, interagir tout le temps.

4) Quels conseils donneraient-tu à un(e) futur(e) enseignant(e) du professionnel pour transmettre efficacement un savoir-faire, un savoir-être aux élèves ?

Adorer son métier et ce public avant tout. Accepter leurs difficultés et ils en ont de plus en plus. Il y a également de plus en plus d’élèves qui viennent d’écoles différenciées. Ne pas vivre dans la déception et la frustration, car il y en a souvent. On a une idée de leçon, on veut atteindre un objectif et on n’y est pas. C’est important de pouvoir accepter que ça ne soit pas parfait, ce n’est pas grave, ce sera pour le prochain cours. Faire preuve de tolérance, de souplesse, d’adaptation, de recul, ne pas le prendre pour soi quand les choses ne vont pas bien, il faut rebondir. Cela n’a pas fonctionné. Alors, que vais-je mettre en place pour que la leçon suivante soit meilleure ? En dehors de l’école, il faut avoir des passions, des centres d’intérêt et les cultiver chaque jour pour pouvoir souffler le soir, se retrouver et repuiser des forces pour recommencer une autre semaine. Être ouvert, disponible, à l’écoute, garder le sourire toujours et malgré tout.



5) Qu’avez-vous mis en place en temps qu’équipe pour surmonter les difficultés liées à la covid-19 ? Comment avez-vous vécu cette expérience-là ?

Les élèves ont très mal vécu ce confinement. Au début, la matière a été mise de côté. Chaque titulaire de classe a ensuite créé un groupe WhatsApp et Teams pour communiquer avec ses élèves, mais beaucoup d’entre eux ont eu des difficultés à rejoindre ces plateformes. Nous avons également fixé des rendez-vous pour que les élèves viennent chercher leur matériel à l’école. Par après, les cours donnés en hybride se sont mal passés. Ils revenaient décalés à l’école car la gestion de leur journée avait complètement changé, ils allaient dormir tard et perdaient le rythme. Les classes devaient venir en présentiel tous les jours, car ils ne parvenaient pas à travailler chez eux. Ce n’était pas possible de les évaluer et nous ne pouvions pas venir à l’école pour enregistrer les cours en direct, le wifi ne suffisait pas.


« J’ajouterais que je ne travaille pas seule, nous avons une équipe de professeurs, d’éducateurs, une direction, un conseil pédagogique, avec lesquels on entretient des contacts fréquents. La communication est au centre de la table et notre équipe est exceptionnelle, soudée. C’est un travail d’équipe et pour le bien des élèves, tout le monde réfléchis sur ce qui peut être mis en place, comment le mettre en pratique, comment agir. Cela fait 22 ans que je travaille dans l'école Ma Campagne d'Ixelles et je suis attachée à cela. C’est bien de souligner qu’il ne faut pas être individualiste et c’est important de transmettre les informations entre collègues ». Entretien conduit par : Aline Arbé et Camila Arnal.

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