Les enjeux de la littératie et de la pensée critique chez les adolescents.


La littératie, que l’on peut définir par la compréhension et l’utilisation du langage parlé et du langage écrit dans la vie quotidienne, semble être une compétence acquise dans notre société. En effet, vivre dans une société majoritairement alphabétisée laisse penser que nous sommes tous de parfaits lettrés. Or, les personnes qui pratiquent régulièrement la lecture et l’écriture de manière intentionnelle est largement sous-représentée. Généralement, on pense être soit lettré soit illettré mais il faudrait plutôt voir une continuité entre ces deux catégories car nous avons des niveaux différents en lecture et en écriture. La maîtrise de la langue n’est pas réellement acquise, elle se développe par la pratique. Il est donc important de prendre conscience des enjeux que cela représente en termes d’éducation.


Notamment, dans l’enseignement professionnel et technique de qualification, on peut déjà observer des lacunes chez des adolescents, tant au niveau des connaissances liées à des sujets d’actualités, qu’au niveau du langage parlé. De plus, le langage parlé est nettement moins riche et structuré que la langue écrite (1). Il y a donc, un réel enjeu dans l’apprentissage et le développement de compétences en lecture et en écriture.

La pensée critique, quant à elle est la capacité à réfléchir sur une information, c’est à la fois comprendre et établir des liens entre des idées. Un penseur critique compare et contraste des idées, il résout des problèmes, analyse et évalue des informations. Il est donc essentiel d’avoir des élèves qui pensent de manière critique afin d’être équipé pour leur vive d’adulte (2). D’ailleurs, participer à la vie politique et sociale nécessite d’avoir un bon niveau en littératie et pensée critique pour pouvoir comprendre une information reçue et prendre du recul afin de la vérifier par la suite. D’après les enquêtes PISA (2018) (qui évaluent le niveau de compréhension à l’écrit), la plupart des enfants de 15 ans ne parviendraient pas à démontrer une réflexion critique sur base d’informations écrites. Cela devient donc, un enjeu important à considérer dans un monde où les théories du complot et les fausses nouvelles se répandent facilement par l’intermédiaire des réseaux sociaux. D’autant plus que les personnes qui ont un niveau d’éducation formel pauvre et un faible niveau de littératie auront plus tendance à avoir des croyances irrationnelles.


Il est intéressant d’ajouter que la littératie influence également nos compétences cognitives, comme la mémoire et la compréhension du langage. Autant d’exemples qui devraient présenter l’importance de développer et travailler l’écriture et la lecture, tout comme la pensée critique, tout au long de la vie (3). Par Aline Arbé : actuellement en master en Neuropsychologie à ULB et stagiaire dans le projet So-CoIL.

References :


(1) 1 Kolinsky, R., & Morais J. (2018). The worries of wearing literate glasses. Presses Universitaires de France, vol. 118(4), 321-347.

(2) 2 Patty McGinnis. “Critical Thinking and the Adolescent Brain.” Science scope (Washington, D.C.) 42.3 (2018): 1–1. Print.

(3) Kolinsky, R., Justino, J., Arnal, C., Tossonian, M., Rautu, S., Bouali, H., Morais, J., & Klein, O. Litteracy and its challenges: Promoting critical thinking in subliterate people.

20 vues0 commentaire

Posts similaires

Voir tout